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« Ça ne va pas s’arrêter là », assure Julien Araujo, joueur de l’année en Régional 1 (B)

14 juin 2022 - 14:04

La Voix Du Nord  13 Juin 2022 Image auteur par défaut Pierre-Louis Käppeli et Mahefa Rakotoson-Bertin

Meilleur buteur de son groupe de Régional 1 avec 19 unités, Julien Araujo a été élu joueur de la saison par les entraîneurs de son championnat. Une récompense qui salue sa grande saison, à l’issue de laquelle il a failli retrouver le N3 avec Tourcoing. Malgré cette déception et ses 35 ans, Araujo a encore de grandes ambitions.

Julien, vous avez été désigné joueur de la poule B de R1. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

« Franchement, quand j’ai reçu le coup de téléphone, ça m’a fait plaisir. Je pense qu’on fait aussi du foot pour être honoré à un moment donné, même si j’aurais préféré qu’on le soit collectivement plutôt qu’individuellement. Ça fait plaisir sur le plan individuel, ça récompense tous les efforts que j’ai faits cette année, depuis le mois de juillet. »

Vous avez 35 ans. Ça fait environ 20 ans que vous êtes sur les terrains du Nord et de Belgique. Ce trophée, c’est une forme d’aboutissement pour vous ?

« Oui, on peut dire que c’est dans la continuité de ma carrière. Je n’ai toujours fait que du foot, je n’ai jamais travaillé à côté. À un moment donné, si on ne se donne pas les moyens, on n’y arrive pas sur le long terme. J’ai 35 ans, je me sens bien. Beaucoup de personnes me demandent souvent quand je vais arrêter, est-ce que je vais jouer encore 2-3 ans… Je n’ai pas spécialement de réponse à donner parce que tant que je suis bien physiquement, dans ma tête, que j’ai envie de faire les efforts et que j’ai des ambitions, je n’arrêterai pas. En tout cas, ça ne va pas s’arrêter là. »

Vos proches doivent être fiers de vous…

« Bien sûr. De toute façon, à chaque match, à la maison ou à l’extérieur, ils sont toujours derrière moi, ils me suivent toujours. Quand j’ai eu le coup de téléphone, ma femme était à côté de moi. Même si c’est du R1, ça fait toujours plaisir d’avoir des récompenses individuelles. »

Comment qualifieriez-vous votre saison ?

« J’ai énormément d’ambitions, je veux toujours plus. Même si j’avais marqué 30 buts, je vous aurais peut-être dit que ce n’était pas assez, parce que je suis quelqu’un d’ambitieux, que ce soit dans la vie privée ou professionnelle. Je pense que j’ai quand même fait une bonne saison. J’ai pas mal aidé mon équipe, sur les buts ou les passes décisives. Quand on joue à un poste décisif, on essaye de contribuer à marquer ou à donner pour aider son équipe le plus possible. J’ai fait mon boulot, même si j’aurais pu le faire encore mieux. »

« Si je dois me retrouver arrière droit, je le ferai »

Vous semblez ne pas être satisfait du nombre de buts que vous avez inscrits. Vous vous étiez fixé un objectif ? 

« Je n’ai rien à cacher, je voulais marquer 22 buts. Il y avait 22 journées de championnat, je voulais marquer un but par match. Ça a été proche mais je ne l’ai pas fait. Le coach est le premier à le dire  : j’ai marqué 19 buts mais j’aurais pu en mettre le double. Je ne dirais peut-être pas autant mais pas loin. Après, des fois, on n’est pas en forme, on n’a pas de chance, on tombe sur de bons gardiens qui sont là pour nous les enlever… Si j’avais été efficace, j’aurais pu en marquer plus. » 

À 35 ans, où puisez-vous cette ambition ? 

« Je pense qu’elle vient de la famille. On est une famille de footballeurs, que ce soit mes frères, mes deux sœurs ou mon neveu qui est professionnel (Alexis Araujo, joueur de Créteil). Il n’y a que ma maman qui n’a pas joué au football. Je pense que c’est dans le sang. Je suis un amoureux du football. Tous les matchs, de n’importe quel coin du monde, je les regarde. C’est ancré en moi. C’est pour ça que ça me dérange un peu quand on me parle d’âge ou de fin de carrière. C’est quelque chose que je n’ai pas envie de m’imaginer. Arrêter le football demain ? Vraiment pas. Ça a été toute ma vie, depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours baigné dans ça. À partir du moment où j’ai toujours cet amour pour le football et cette passion, je ne suis pas près de m’arrêter, en tout cas je n’en ai pas envie. » 

Beaucoup de joueurs reculent sur le terrain en fin de carrière. Vous l’envisagez ? 

« Oui, pourquoi pas. Tant que ça me permet de rester sur le rectangle vert, je m’adapterai. Même si je dois me retrouver arrière droit, je le ferai, tant que ça restera avec passion et ambition. » 

Marquer pour ne pas oublier Jorge

C’est lorsqu’on touche à l’intime, qu’on demande à Julien Araujo ce qu’il se passe au fond de lui au moment où il entre dans la surface de réparation, qu’il convoque les émotions, les blessures enfouies. Quand on lui parle de ce poste si particulier, ce numéro que tant d’enfants ont rêvé de porter, le souvenir de son grand frère, Jorge, lui vient immédiatement en tête. 

« Quand j’étais gamin, c’était mon entraîneur. Il me disait toujours : “Reste devant, reste devant, tu vas marquer !” Et je marquais, je marquais… Il me parlait en Portugais parce qu’on est d’origine portugaise, confie Araujo sans chercher à dissimuler son émotion. Et à force, on marque, on apprécie, ça s’ancre en nous, ça rentre dans notre sang… » 

« Marquer, c’est une maladie qui reste en nous »

Les mots du buteur traduisent autant son amour pour ce poste que l’admiration qu’il avait pour son grand frère, décédé il y a quatre ans. L’envie qui l’habite, aussi, de continuer à rendre hommage à « la personne dont j’ai été le plus proche dans ma vie » en chassant les buts sur toutes les pelouses. 

« À chaque fois qu’on entre sur le terrain, ça nous donne des frissons de rester devant un but, décrit encore Araujo. On a envie de marquer. J’ai toujours la même passion et la même joie quand je marque un but que quand j’avais 8 ans. C’est une maladie qui reste en nous. Souvent, même, on fait un peu gaga à fêter un but comme un fou alors qu’on est père de famille, qu’il y a les enfants. Mais quand on aime un sport, ça ne se calcule pas... » 

Une « maladie », une drogue, une bouffée d’adrénaline... Pour Julien Araujo, être numéro 9, c’est tout cela à la fois. Mais c’est peut-être surtout une manière d’atténuer peu à peu les blessures enfouies, et de vivre jusqu’au bout avec, en tête, le souvenir des mots de Jorge. PLK et MRB

Commentaires

Pl Équipe Pts Jo G N P F Bp Bc Dif
1 ES LAMBRES 41 22 11 8 3 0 50 16 0 34
2 ST AMAND FC 39 22 10 9 3 0 42 17 0 25
3 HAZEBROUCK SC 39 22 11 6 5 0 44 27 0 17
4 US TOURCOING 38 22 10 8 4 0 44 25 0 19
5 ARRAS FA 35 22 9 8 5 0 31 24 0 7
6 BETHUNE 30 22 9 3 10 0 35 39 0 -4
7 LUMBRES OL 28 22 6 10 6 0 27 35 0 -8
8 US LESQUIN 27 22 7 6 9 0 35 30 0 5
9 ST ANDRE US 25 22 5 10 7 0 20 28 0 -8
10 US NOEUX 21 22 5 7 10 0 21 26 1 -5
11 AVION 21 22 4 9 9 0 21 28 0 -7
12 USSM LOOS-EN-GOHELLE 8 22 2 2 18 0 12 87 0 -75