745 655 visites 2 visiteurs

FOOTBALL N 3 L’histoire étonnante de «petit boss», l’international malgache de Tourcoing

28 novembre 2017 - 21:40

Par Stéphane Carpentier | Publié le23/11/2017 Nord Eclair

 PHOTO JOFFREY FRANCOIS

 

FOOTBALL NATIONAL 3

L’histoire étonnante de «petit boss», l’international malgache de Tourcoing

 

Lorsqu’il était gamin à Madagascar, il partageait son argent de poche avec ses copains du foot pour qu’ils puissent s’acheter un goûter après l’entraînement. Depuis cette époque, il a gagné un surnom, celui de « petit boss », « Deba Kely », en langue malgache, qui le poursuit encore aujourd’hui sous le maillot de l’équipe nationale.

Dans les rangs de l’US Tourcoing, il y a un joueur qui fait les beaux jours de la défense depuis la saison dernière. Un joueur qui navigue entre l’anonymat relatif des championnats nationaux amateurs et l’effusion autour des matchs internationaux des sélections africaines. Toavina Rambeloson, son identité officielle sur les feuilles de match, est célèbre dans son pays sous le sobriquet de « Deba Kely ». «  Même à Tourcoing, tout le monde m’appelle Deba  », sourit l’intéressé, qui a débarqué dans le Nord après un long périple.

Issu d’une bonne famille de « Mada », où sa mère est prof de sport et son père ingénieur agronome, il a d’abord quitté son île pour la Chine, afin d’y suivre des études en sciences éco. À Guangzhou pendant deux ans, Deba y a appris à parler le Mandarin, tout en continuant à jouer au foot avec son université. «  Mes parents auraient préféré que je devienne médecin ou ingénieur, mais ils sont quand même fiers de moi  », sourit Deba Kely, qui a ensuite rejoint Montpellier, puis Paris, toujours pour y suivre son cursus universitaire. Et c’est justement dans la capitale qu’il se fit remarquer sur les terrains, d’abord dans une équipe corpo, puis avec l’équipe B du Red Star. «  Je m’entraînais même avec l’effectif pro, qui évoluait en Ligue 2  », raconte le joueur, à qui le club audonien n’a finalement rien proposé. Un contact lui propose alors un essai de trois jours avec Tourcoing. L’affaire est conclue, et, à l’orée de la saison 2016, il y signe un contrat fédéral de deux ans.

Un billet d’avion en classe affaires payé par le ministre

 

Performant sur les terrains, il gagne alors aussi le droit de s’immiscer au sein de l’équipe nationale de Madagascar où figurent de nombreux pros évoluant en France, en Ligue 2 notamment, comme l’ancien Lensois Nomenjanahary. En mars dernier, il devient même un héros après une victoire face à São Tomé, un match qu’il finit avec un traumatisme crânien et qu’il poursuit pendant sept jours sur un lit d’hôpital.

Deba Kely deviendra grand !

«  J’étais coincé là-bas et j’ai raté mon avion pour rentrer en France. Le ministre des Sports est venu me voir à l’hôpital et m’a offert un billet d’avion retour en classe affaires  », sourit Deba Kely, dont la vie ressemble à un roman. «  J’ai de la chance d’être à l’US Tourcoing, c’est aussi grâce à la confiance du coach que j’ai pu me faire remarquer et jouer en sélection  », insiste-t-il, en espérant contribuer à l’accession du club en fin de saison. En rêvant aussi toujours d’intégrer une structure pro. «  À 25 ans, c’est le moment pour moi d’aller plus haut  », espère ce défenseur au timing et au jeu tête qui ne laissent pas indifférent, et, qui, en attendant de concrétiser ses rêves, n’a pas fini de mouiller le maillot pour Tourcoing.

 

AMIENS B – TOURCOING,

Samedi 2 Décembre, 18h.

Stade Moulonguet , Amiens

Commentaires